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Aoste

Les montagnes les plus hautes d’Europe entourent la Vallée d’Aoste et, au cœur de cet écrin précieux, où glaciers, forêts et prairies abondent, s'insèrent 74 communes, dont la ville d’Aoste constitue le chef-lieu.
Cette ville, où passé et présent s’entremêlent, se trouve à une altitude de 583 m et à la confluence de deux cours d’eau importants : la Doire Baltée (qui prend sa source aux pieds du Mont Blanc et qui traverse toute la région) et le torrent Buthier (qui descend de la Vallée du Grand-Saint-Bernard).
Carrefour de frontières (avec la France et la Suisse), l’économie et la culture d’Aoste ont été transfrontalières avant même que ce mot ne fusse inventé : bilingue de par la coexistence du français et de l’italien, la ville a une vocation cosmopolite.

Histoire

La ville prend son origine dans un passé lointain : après les premières implantations de la préhistoire (dont les vestiges les plus importants sont conservés dans l’aire mégalithique de Saint-Martin-de-Corléans), la ville fut véritablement fondée par les Romains, en 25 avant J.C. et prit le nom de Augusta Praetoria. Aujourd’hui encore nous pouvons admirer la structure à échiquier du camp romain et les témoignages architecturaux de l’époque d’Auguste sont nombreux et sont encore parfaitement conservés.
Le premier que l'on rencontre en venant de la Basse Vallée est le Pont de Pierre. Son rôle au-dessus du Buthier, il cessa de le remplir au XIème siècle, alors que le torrent changea de lit en proie à une forte crue. Il s’agit d’un monument national, entouré d’un jardin et d’un quartier très suggestif sous le profil architectural.
Depuis le pont, en regardant vers le centre de la ville, il est impossible de ne pas apercevoir la masse majestueuse de l’Arc d’Auguste. Ce dernier fut bâti pour célébrer la victoire des armées romaines sur la population Salasse qui, après avoir perdu le contrôle du fond de la Vallée, fut réduite à l'esclavage ou se réfugia sur les hauteurs. Il ne s’agissait pas de la porte d’entrée de la ville, mais d’un monument triomphal, magnifique corollaire architectural de la Rome des Alpes.
Pour atteindre la porte de la cité romaine il faut emprunter la rue Saint Anselme. On arrive alors face à la Porte Prétorienne. De ses trois arcades se déployaient les remparts de la ville : hauts de six mètres et demi, pour une largeur de deux mètres, ils s'étendaient sur deux kilomètres et demi. Une grande partie de l’enceinte est encore visible de nos jours même si, parfois, elle présente des superpositions urbanistiques postérieures. Sur ses quatre angles et le long de son parcours, à des intervalles réguliers, se dressaient vingt tours de guet. Sur chaque côté, au centre, se trouvaient d’autres portes, d’importance mineure.
À peine après avoir franchi la Porte Prétorienne, en tournant à droite, on peut aller visiter les restes du théâtre romain. Cet édifice était consacré aux spectacles. Sa façade, haute de 22 mètres, présente quatre étages d’ouvertures. Derrière on peut encore admirer la « cavea », où les spectateurs prenaient place. Malheureusement, toute la partie scénique de l'édifice a été rasée au sol. Tout près du théâtre, Aoste avait également son amphithéâtre. Les restes archéologiques sont aujourd’hui totalement englobés dans le couvent de Saint Joseph et ne sont donc pas accessibles.

Patrimoine architectural

Le salon de la ville
En plein centre de la ville, Place Émile Chanoux nous réserve son chaleureux accueil, salon citadin et vaste cour pour l'Hôtel de Ville. Celui-ci fut bâti au XIXème siècle en complément de l’Hôtel des États, sur la gauche, autrefois siège de l’assemblée des États généraux, aujourd'hui enclavé dans la structure architecturale de l'édifice. À l’intérieur de la mairie, le salon ducal vaut un coup d'oeil, avec ses fresques à l'effigie des notables valdôtains.
Derrière la Mairie, se trouve la place Saint François, avec les écoles primaire et moyennes "XXV Avril". Le sous-sol de ce bâtiment abritent les restes des thermes romaines. Les fouilles archéologiques ne sont pas encore terminées, par conséquent la structure n’est pas accessible au public. Toutefois, ce qui en a déjà été dégagé montre qu’il s’agissait d’une installation sophistiquée, avec de l’eau froide et chaude et dont les pièces étaient réchauffées.
Jardins publics
Au cœur de la ville, face au Centre Saint-Bénin, sur l’avenue du Conseil des Commis, un jardin public a lui aussi une riche histoire à raconter. Il fut réalisé à la fin du XIXème siècle, dans le dessein de donner la bienvenue à tous ceux qui arrivaient à Aoste par le train. À la sortie de l’avenue se trouve, en effet, la gare ferroviaire. En commémoration du fait que les locomotives purent arriver en Vallée d’Aoste grâce également à l’intervention de Victor-Emmanuel II, une statue du Roi Chasseur a été érigée en plein milieu du jardin.
Architecture fasciste et moderne
Dans le chef-lieu de la Région Autonome Vallée d’Aoste, l’histoire s’est stratifiée, en laissant progressivement ses empreintes sur l'architecture de la ville. Les témoignages de l’époque fasciste ne manquent pas, ainsi le Bureau des Postes et place de la République (où une colonne surmontée de la louve romaine se dresse) sont marquées par ses lignes nettes et reconnaissables,
Un exemple d’architecture moderne le donne par contre le Palais régional, siège du Gouvernement, du Conseil et des principaux bureaux administratifs. Sa façade et son jardin sont parés d'ouvrages artistiques ont été placées, en souvenir des principaux protagonistes de l’histoire et de l’autonomie valdôtaines. Citons l’historien Jean-Baptiste de Tillier et le notaire Émile Chanoux, théoricien du droit des peuples à l’autodétermination.
Un bon exemple de la coexistence respectueuse des styles d'architecture des différentes époques nous est offert par la bâtisse de la Bibliothèque régionale, située à la sortie de la rue Édouard Aubert. Sur les anciens murs romains, à la fin du XVIIème siècle fut construit un hospice de charité qui, suite à une intervention de restauration attentive, vers la moitié des années quatre-vingt-dix, est devenu l’un des plus importants centres culturels du Val d’Aoste. D’imposantes collections de livres et une hémérothèque y sont conservées.
Une deuxième bibliothèque historique importante, pour la Vallée d’Aoste, se trouve dans le Séminaire majeur, rue Xavier de Maistre. Le bâtiment, duquel on peut jouir d’une vue admirable sur la Cathédrale, se situe à côté d’une statue dédiée à la mémoire de l’ecclésiaste le plus renommé de la Vallée : Saint Anselme, né près d’Aoste et devenu évêque de Canterbury et grand philosophe.

Religiosité

Églises et clochers
Baptisée place Jean XXIII, on la connaît mieux sous le nom de place de la Cathédrale. Dans le sous-sol du jardin qui côtoie l’imposant complexe ecclésiastique, il est possible de visiter les restes du cryptoportique qui entourait le forum romain, aujourd'hui disparu, autrefois lieu de rencontres et d'échanges. Le cryptoportique se compose d’une allée surmontée d'une voûte en pierres, soutenue par des arcades.
Les pierres romaines du cryptoportique épousent les fondations de la Cathédrale. Au début du Vème siècle, lorsque Aoste devint siège d’évêché, la première église fut bâtie. À la fin du même siècle elle fut restaurée par le roi franc Gontrand. L’édifice, tel que nous le connaissons aujourd'hui, remonte au début de l’an Mille, mais il a été soumis à maintes interventions de parachèvement jusqu’en 1860. En se tenant face aux trois portes de la Cathédrale, on est immédiatement frappés par la richesse de la façade décorée de statues en terre cuite et de fresques. La façade date du début du XVIème siècle. La Cathédrale possède deux clochers. Ils furent réalisés au XIème siècle, mais seule la base de celui de droite est originale ; la partie supérieure remonte au XVème siècle. Le clocher gauche fut presque entièrement reconstruit au XVIIème siècle. À l'intérieur de l’église, les stalles en noyer, datant du XVème siècle, revêtent une grand intérêt artistique. Elles sont sculptées à l'effigie d’Apôtres et de Prophètes ou de personnages inspirés de l’Ancien Testament. Un diptyque en ivoire de l’empereur Honorius et le reliquaire du corps de Saint Grat (patron d’Aoste) sont conservés dans la Cathédrale mais ne sont normalement pas exposés au public.
Mais Aoste possède une autre église très importante : celle de Saint-Ours qui doit surtout sa renommée à son cloître prodigieux, à sa collégiale et à son clocher : de véritables œuvres d’art roman. L'ensemble de bâtiments est dédié au saint le plus populaire du Val d’Aoste et, dans l’église, son reliquaire est conservé. Il est exposé au public, chaque année, à l’occasion de la Foire qui porte son nom. La vie du saint est racontée sur les extraordinaires chapiteaux en pierre du cloître, tous différents les uns des autres et remontant au XII siècle.
Au catholicisme d’Aoste, se mêlent les souvenirs de la réforme protestante. À peu de distance l’une de l’autre se trouvent la chapelle de Saint-Grat et l’église vaudoise, face à laquelle fut érigée une croix, en mémoire des adeptes de Calvin chassés en 1536.

Culture 

De nombreuses salles d’exposition
Non loin du théâtre romain se trouve la Tour Fromage, modifiée au cours du Moyen Age et transformée récemment en salle d’expositions. D’autres importants édifices historiques offrent leurs structures pour des expositions. Tel est le cas du Palais Roncas (sur la place du même nom, bâti au début du XVIIème siècle) où on peut visiter des expositions monographiques. Il est également le siège du Musée Archéologique régional.
Le Centre Saint-Bénin, qui était le siège du collège de la ville depuis 1527, voit aujourd'hui, dans son ancienne église, se monter des expositions anthologiques ou monographiques.
Sur le même axe routier on trouve la Tour du Lépreux, qui doit son nom au plus malheureux de ses hôtes, dont les vicissitudes humaines furent décrites, dans un roman, par Xavier de Maistre.
Face au Prieuré de Saint-Ours, se situe l’église désacralisée de Saint-Laurent, d'origine médiévale. Juste à côté de son entrée un imposant tilleul séculaire étirent nonchalamment ses branches.
La Foire de Saint-Ours et les autres
On ne peut s’empêcher de mentionner la Foire de Saint-Ours, manifestation millénaire qui se tient, chaque année, les 30 et 31 janvier. Née comme une simple  foire agricole, elle a évolué au fil du temps pour se présenter aujourd’hui, dans une atmosphère suggestive, avec un panorama complet de la meilleure production artisanale et artistique régionale.
Il ne s’agit toutefois pas de la seule manifestation importante qui se déroule dans le chef-lieu régionale. Afin d’offrir aux visiteurs un éventail des manifestations traditionnelles valdôtaines, deux rendez-vous à ne pas manquer sont proposés : le défilé des carnavals de montagne (qui rassemble, en une seule journée, tous les groupes représentant les nombreux carnavals historiques régionaux) et la Désarpa (manifestation organisée, à la fin de l'été, quand les troupeaux des vaches descendent des alpages, là où les pâturages donnent à la fontine toute sa saveur et son parfum si caractéristiques).
Chants et folklore
Le désir de maintenir vivantes les traditions du passé se retrouve aussi dans la présence de nombreuses chorales et groupes folkloriques, qui se produisent aux occasions les plus diverses et savent conjuguer l'évocation  du patrimoine historique à des inspirations plus modernes.

Gastronomie

Les inconditionnels du lèche-vitrines et les amateurs de gastronomie n'auront que l'embarras du choix : toute la ville est parsemée de magasins et de boutiques dont les étalages vous séduiront et de nombreux restaurants vous proposeront une table de mets méditerranéens et internationaux mais, surtout, la dégustation d'une cuisine traditionnelle, riche en arôme et parfums inattendus.

Sport et loisirs

Aoste est située au coeur d’une esplanade encadrée des plus hautes montagnes d’Europe et sa richesse  ne consiste pas seulement en ses abondants témoignages historiques. La colline propose des itinéraires intéressants, comme la voie Francigène, autrefois parcourue pas les pèlerins qui partant des quatre coins de l’Europe se rendaient à Rome, et qui a été récemment réaménagée à l’occasion du Jubilé.
La région sud de la ville, nommée Tzambarlet, offre toute une quantité d’installations sportives pour la pratique des disciplines les  plus variées : athlétisme, boules, natation, sport de glace, rugby et bien d’autres encore.

Liens:

http://www.comune.aosta.it

http://www.arcova.org

http://www.fvtp.com

http://www.nosracines.org

http://www.amisdesreines.it

 

 

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